Les lieux qui ont une âme au Pays basque
Il y a les endroits que l’on visite parce qu’ils sont incontournables, ceux que l’on photographie parce qu’ils sont magnifiques et ceux dont on parle parce qu’ils figurent dans tous les guides. Et puis il y a une autre catégorie de lieux, beaucoup plus difficile à expliquer : ceux qui ont une âme. Ce sont des endroits où l’on ressent quelque chose sans toujours savoir précisément pourquoi. Une vieille maison, une petite chapelle, un fronton, un chemin de montagne, une plage ou un village peuvent nous donner cette impression étrange que les générations précédentes sont encore un peu présentes autour de nous.
C’est probablement ce que j’aime le plus lorsque je découvre le Pays basque. Je ne cherche pas forcément le monument le plus spectaculaire ni l’endroit le plus connu. J’aime comprendre ce qui s’est passé avant nous, savoir pourquoi une maison a été construite ici, pourquoi une chapelle domine la mer, pourquoi un chemin traverse telle vallée ou pourquoi un simple quartier porte encore un nom qui raconte une partie de son histoire. Après avoir grandi à Bidart et y avoir vécu pratiquement toute ma vie, je continue moi-même à faire ce genre de découvertes. Et parfois, il suffit simplement de regarder autrement un endroit que l’on croyait connaître.
Parlementia : un paysage qui raconte plusieurs siècles d’histoire
Je commencerais naturellement par Parlementia, à Bidart. C’est un endroit que je connais depuis toujours et qui reste pourtant fascinant lorsque l’on prend le temps de regarder au-delà du surf et du paysage. Aujourd’hui, Parlementia évoque immédiatement les grandes vagues, les surfeurs et cette magnifique partie de la côte entre Bidart et Guéthary. Mais autrefois, cette falaise était surtout liée à la vie des pêcheurs. Bidart possédait un port à l’embouchure de l’Uhabia et la chasse à la baleine faisait notamment partie des activités pratiquées par les pêcheurs du village. La falaise de Parlementia était alors leur fief et la chapelle Saint-Joseph était tenue par la confrérie des pêcheurs. La tour de guet Koskenia, qui domine encore aujourd’hui la plage, est l’un des rares vestiges visibles de cette ancienne activité maritime.
Ce que je trouve particulièrement beau, c’est de penser que le paysage que nous regardons aujourd’hui est presque le même, alors que la vie qui s’y déroulait était complètement différente. Les pêcheurs scrutaient autrefois l’océan depuis la falaise, notamment pour repérer les cétacés ; aujourd’hui, ce sont les surfeurs qui attendent leur vague. La mer est toujours là, les falaises sont toujours là, mais l’histoire a changé. C’est exactement ce que j’appelle un lieu qui a une âme : un endroit où le présent et le passé semblent se superposer.
La chapelle Saint-Joseph : une petite présence face à l’océan
Toujours à Parlementia, la chapelle Saint-Joseph mérite que l’on s’y attarde. Elle n’est pas forcément le premier monument auquel on pense lorsqu’on visite Bidart, et c’est justement ce qui me plaît. Sa présence est intimement liée à l’histoire maritime du quartier et à la confrérie des pêcheurs. L’itinéraire du patrimoine proposé par Bidart Tourisme permet d’ailleurs de la découvrir après avoir longé l’Uhabia et de poursuivre ensuite vers Parlementia et la tour de guet Koskenia.
Ce parcours est une très bonne illustration de ce que j’aime transmettre à mes vacanciers : un lieu devient souvent beaucoup plus intéressant dès que l’on connaît son histoire. Sans explication, on peut simplement voir une petite chapelle au bord de l’océan. En connaissant son passé, on imagine les pêcheurs qui s’y retrouvaient, les hommes qui partaient en mer et les familles qui attendaient leur retour. Le paysage prend alors une autre dimension.
La villa Emak Bakia : quand Bidart devient un décor de cinéma
À quelques pas de là se trouve un autre lieu qui possède une histoire étonnante : la villa Emak Bakia. Cette villa, remarquable par son architecture balnéaire, est aujourd’hui connue notamment pour avoir accueilli l’artiste américain Man Ray. En 1926, il y a tourné son film Emak Bakia, un ciné-poème d’avant-garde qui porte le nom de la villa. L’itinéraire du patrimoine de Bidart signale lui-même cette maison comme l’un des points d’intérêt du parcours.
J’aime cette histoire parce qu’elle nous rappelle que le Pays basque a attiré bien d’autres personnes que les vacanciers d’aujourd’hui. Au début du XXe siècle, la Côte basque était déjà un lieu de villégiature et d’inspiration pour des artistes et des personnalités. Man Ray a regardé ce paysage avec un œil complètement différent du nôtre et en a fait le décor d’une œuvre surréaliste. Une maison de Bidart est ainsi entrée dans l’histoire du cinéma d’avant-garde, et il suffit de le savoir pour ne plus jamais regarder cette villa tout à fait de la même manière.
La chapelle Sainte-Madeleine : regarder l’océan et se souvenir
Autre lieu que j’aime beaucoup à Bidart : la chapelle Sainte-Madeleine. Installée sur les hauteurs au centre du village, elle offre un magnifique point de vue sur l’océan et constitue l’une des étapes de l’itinéraire du patrimoine de la commune. Mais là encore, le paysage ne raconte pas toute l’histoire. En contrebas se trouve le Mémorial départemental de la Seconde Guerre mondiale et pour la Paix.
J’aime particulièrement cette juxtaposition. On peut être face à l’océan, profiter d’un panorama magnifique et, quelques mètres plus loin, se retrouver confronté à une période beaucoup plus sombre de notre histoire. Cela rappelle que les paysages que nous considérons aujourd’hui comme des lieux de promenade et de vacances ont parfois été le théâtre d’événements importants. Un même endroit peut donc porter plusieurs mémoires, et c’est aussi ce qui lui donne cette profondeur particulière.
L’itinéraire du patrimoine de Bidart : une autre manière de regarder le village
Si vous souhaitez justement découvrir cette facette de Bidart, je conseille volontiers l’itinéraire du patrimoine créé par l’Office de Tourisme. Il s’agit d’une boucle de 6,5 km, annoncée pour une durée moyenne de 1 à 2 heures, avec un niveau de difficulté moyen. Le départ se fait au parking du Lavoir et le parcours traverse le centre du village avant de rejoindre notamment la chapelle Ur Onea, les berges de l’Uhabia, le quartier de Parlementia, la plage du Centre et la chapelle Sainte-Madeleine. Des plaques installées tout au long du parcours racontent l’histoire des différents éléments du patrimoine et leurs anecdotes.
C’est un itinéraire que je trouve particulièrement intéressant parce qu’il montre un Bidart que l’on ne voit pas forcément lorsque l’on vient simplement à la plage. On découvre le lavoir et sa source, le fronton, les petites rues du village, la chapelle Ur Onea, les berges de l’Uhabia, puis on descend vers Parlementia avant de revenir vers le centre. En quelques kilomètres, on passe donc de l’histoire du village à celle de l’océan, de la vie quotidienne d’autrefois à l’histoire maritime. Et surtout, on comprend que le patrimoine n’est pas uniquement constitué de grands monuments : il est aussi fait de petites choses que l’on aurait facilement ignorées.
Saint-Jean-Pied-de-Port : l’âme des chemins
Lorsque je pars vers l’intérieur du Pays basque, Saint-Jean-Pied-de-Port est l’un des lieux où je ressens le plus fortement cette impression d’histoire. La cité médiévale, située au pied des Pyrénées, est classée parmi les Plus Beaux Villages de France et constitue une étape majeure sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle. Ancienne place forte de Navarre, elle conserve ses remparts, ses ruelles et son patrimoine religieux. La citadelle, installée sur la colline de Mendiguren à l’emplacement de l’ancien château médiéval et remaniée par Vauban, domine la ville historique.
Mais au-delà des monuments, c’est la présence des pèlerins qui donne à Saint-Jean-Pied-de-Port une atmosphère particulière. Depuis des siècles, des hommes et des femmes traversent cette ville avant de poursuivre leur chemin vers les Pyrénées. Aujourd’hui encore, on les rencontre dans les rues, parfois avec leur sac à dos et leur bâton de marche. Le passé n’est donc pas seulement conservé dans les pierres : il continue à vivre dans les pas de ceux qui traversent la ville. C’est certainement pour cela que Saint-Jean-Pied-de-Port me paraît aussi vivant malgré son patrimoine médiéval.
Sare : des maisons, une église et toute une histoire derrière les façades
Sare est un autre endroit où j’aime prendre le temps de regarder les détails. Le village, classé parmi les Plus Beaux Villages de France, se trouve au pied de la Rhune et possède une histoire particulièrement riche. Tourisme 64 souligne notamment ses nombreuses maisons anciennes, dont certaines remontent au XVe siècle, ainsi que son église Saint-Martin, remarquable notamment par ses trois étages de galeries en chêne sculpté. Le village est également fortement associé à l’histoire de la contrebande, qui a marqué cette zone frontalière.
C’est ce mélange que j’aime à Sare : la beauté du village est évidente, mais elle ne constitue que la première couche. Derrière les façades rouges, vertes ou en bois foncé, derrière les chemins et les montagnes, il y a une histoire faite de commerce, de passages, de traditions et parfois de clandestinité. Lorsque l’on connaît cette histoire, on ne regarde plus simplement un joli village : on regarde un territoire qui a été vécu, traversé et parfois disputé.
Le château d’Abbadia : entrer dans l’univers d’un homme
À Hendaye, le château-observatoire d’Abbadia représente pour moi un autre type de lieu qui possède une âme. Ce qui me plaît particulièrement ici, c’est que le bâtiment semble presque être le portrait de son propriétaire. Le château a été construit pour Antoine d’Abbadie, scientifique, explorateur et grand défenseur de la culture basque, dans la seconde moitié du XIXe siècle. Son architecture et ses décors témoignent de ses voyages, de ses centres d’intérêt et de sa personnalité. Le château fait aujourd’hui partie des grands sites patrimoniaux du Pays basque. Tourisme 64 le classe d’ailleurs parmi les incontournables du patrimoine du territoire.
C’est le genre de visite que j’aime particulièrement parce qu’on ne se contente pas d’admirer une belle demeure. On découvre l’univers de celui qui l’a imaginée. Les sciences, les voyages, l’Afrique, l’astronomie, le Pays basque : tous ces éléments se retrouvent dans le lieu. C’est un peu comme entrer dans l’imagination d’une personne et comprendre ce qui la faisait vibrer. Et je trouve que cela donne beaucoup plus de profondeur à une visite qu’une simple succession de belles salles.
Les villages de l’intérieur : l’âme se trouve parfois dans les détails
C’est aussi pour cela que j’encourage toujours mes vacanciers à ne pas limiter leur séjour à la côte. Bien sûr, Biarritz, Saint-Jean-de-Luz, Guéthary ou Bidart sont magnifiques, mais le Pays basque intérieur permet de découvrir une autre ambiance. Les montagnes prennent davantage de place, les maisons sont souvent entourées de verdure, les villages sont organisés autour de leur fronton ou de leur église et les paysages changent complètement selon les saisons.
Le Pays basque compte d’ailleurs quatre villages officiellement classés Plus Beaux Villages de France : Aïnhoa, La Bastide-Clairence, Saint-Jean-Pied-de-Port et Sare. Mais je ne pense pas qu’il faille nécessairement partir à la recherche d’un label pour trouver un endroit qui possède une âme. Il peut suffire de quitter une route principale, de traverser un petit village, de s’arrêter devant un fronton ou une église et de prendre quelques minutes pour regarder autour de soi. Les endroits qui nous marquent ne sont pas toujours ceux qui étaient sur notre programme.
Pourquoi certains endroits nous touchent-ils davantage que d’autres ?
Je me suis souvent posé cette question. Pourquoi peut-on passer devant un monument magnifique sans ressentir grand-chose et, quelques minutes plus tard, être touché par une petite chapelle presque inconnue ou une vieille maison dont on ne connaît même pas le propriétaire ?
Je crois que c’est parce qu’un lieu devient vivant lorsqu’on connaît l’histoire humaine qui se cache derrière lui. Une pierre n’est qu’une pierre tant qu’on ne sait pas qui l’a posée. Une maison est simplement une maison jusqu’au jour où l’on apprend qu’un artiste y a séjourné. Une tour devient différente lorsque l’on comprend que des hommes y surveillaient autrefois l’océan. Une rue médiévale prend une autre dimension lorsque l’on sait qu’elle est parcourue depuis des siècles par des pèlerins.
C’est exactement ce qui me plaît dans le patrimoine du Pays basque : il n’est pas figé. Il est encore présent dans la vie quotidienne, dans les villages, dans les fêtes, dans les frontons, dans les églises, dans les maisons et dans les paysages.
Mon Pays basque préféré est celui qui raconte quelque chose
Après avoir grandi à Bidart et accueilli des vacanciers aux 7 Nains pendant près de vingt ans, j’ai forcément entendu beaucoup de questions sur les endroits à visiter. On me demande souvent les incontournables, les plages, les villages, les restaurants ou les promenades. Et bien sûr, je donne toutes ces informations avec plaisir.
Mais j’aime aussi répondre : « Et si aujourd’hui, vous découvriez quelque chose que vous n’aviez pas prévu ? »
Une chapelle que vous n’aviez jamais remarquée. Une maison dont vous découvrez l’histoire. Un petit village de l’intérieur. Un chemin qui vous conduit vers un point de vue. Une vieille pierre qui vous oblige à vous demander pourquoi elle se trouve là. C’est souvent comme cela que l’on découvre véritablement un territoire.
Je crois que c’est aussi pour cela que, même après toutes ces années, je continue à aimer découvrir le Pays basque. Je suis née à Anglet, arrivée à Bidart à l’age de cinq ans et j’ai grandi ici. Pourtant, je continue à apprendre des choses sur mon propre environnement. Je peux passer devant un lieu pendant des années et soudain découvrir son histoire. Et à partir de ce moment-là, je ne le regarde plus jamais de la même façon.
Alors, où trouver les lieux qui ont une âme au Pays basque ?
La réponse est finalement assez simple : un peu partout.
À Parlementia, en regardant l’océan depuis les lieux où les pêcheurs surveillaient autrefois les baleines. À Bidart, en suivant l’itinéraire du patrimoine et en découvrant des quartiers que l’on traverse habituellement sans s’y arrêter. À Saint-Jean-Pied-de-Port, en observant les pèlerins qui poursuivent encore aujourd’hui un chemin emprunté depuis des siècles. À Sare, en prenant le temps de regarder les maisons et l’église derrière lesquelles se cache toute une histoire. À Hendaye, en découvrant Abbadia et l’univers étonnant d’Antoine d’Abbadie. Mais aussi dans les vallées, les montagnes et les petits villages dont on parle beaucoup moins.
Il faut simplement ralentir.
Regarder une façade. Lire une plaque. Entrer dans une église lorsque cela est possible. Observer un fronton. Écouter l’histoire racontée par un habitant. S’intéresser à un nom de quartier. Prendre un chemin plutôt qu’une route.
C’est peut-être cela, finalement, qui donne une âme au Pays basque : les lieux ont une histoire, mais c’est notre curiosité qui nous permet de la découvrir.
Depuis Bidart, partez à la découverte d’un Pays basque qui raconte des histoires
C’est aussi ce que j’aime dans la situation des 7 Nains. En séjournant à Bidart, vous pouvez profiter de l’océan et des plages tout en étant très bien placé pour partir à la découverte du patrimoine de la Côte basque et des villages de l’intérieur.
Et parfois, il n’est même pas nécessaire d’aller très loin. L’itinéraire du patrimoine de Bidart fait déjà découvrir une autre facette du village, avec ses 6,5 km de parcours, ses chapelles, ses maisons, l’Uhabia, Parlementia et ses nombreux témoignages du passé.
C’est peut-être mon meilleur conseil pour découvrir le Pays basque : ne cherchez pas uniquement les endroits les plus beaux. Cherchez ceux qui ont quelque chose à raconter.
Car ce sont souvent eux que l’on garde en mémoire longtemps après être rentré chez soi.
Hâte de vous accueillir pour vous faire découvrir ma région😊
Nathalie, Location de vacances Les 7 Nains,
Bidart, Côte Basque.
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